Vous posez plus volontiers une question à ChatGPT qu'à Google ? Vous n'êtes pas seul. Selon Gartner, les moteurs de recherche traditionnels pourraient enregistrer 25 % de requêtes en moins d'ici 2026 sous l'effet des chatbots à intelligence artificielle. L'IA générative s'impose peu à peu comme un nouveau réflexe pour trouver de l'information, aux côtés (et parfois au détriment) de Google. Ce bouleversement soulève une question cruciale pour les entrepreneurs et développeurs de sites web : pour qui, ou plutôt pour quoi, optimisons-nous nos sites dorénavant ?
L'IA générative, nouveau canal de recherche en plein essor
Lancé fin 2022, ChatGPT a atteint les 100 millions d'utilisateurs en à peine deux mois. Et sa croissance ne faiblit pas : au premier trimestre 2024, ChatGPT a même dépassé Wikipédia en nombre d'utilisateurs mensuels, après une augmentation de 36 % de son audience sur l'année. En France, 42 % des Français connaissent ChatGPT, avec un engouement marqué chez les 16-24 ans. Conséquence directe : près d'un quart des 16-24 ans disent avoir diminué leur usage de Google ces deux dernières années, au profit de TikTok, YouTube ou des assistants à base d'IA.
Pour autant, Google n'a pas dit son dernier mot. En 2024, Google a traité plus de 5 000 milliards de recherches, une hausse de 21 % par rapport à 2023. En comparaison, ChatGPT n'a géré que 37,5 millions de requêtes par jour au maximum, soit environ 0,27 % du volume de recherche mondial. Autrement dit, Google draine encore 373 fois plus de recherches que le chatbot d'OpenAI. Loin d'être tué par l'IA, le moteur profite même de l'intégration de fonctionnalités dopées à l'IA pour stimuler son usage.
Le tableau n'est donc pas Google contre l'IA avec un vainqueur par K.O. On assiste plutôt à un élargissement des canaux d'information. Pour un entrepreneur, cela signifie que l'audience potentielle est éclatée sur plusieurs plateformes. La tendance est lancée, et il serait imprudent de l'ignorer.
Faut-il encore optimiser son site pour Google… ou pour ChatGPT ?
Beaucoup se demandent : doit-on encore coder et référencer nos sites web en pensant avant tout à Google ? La réponse courte : oui, mais plus uniquement. Google reste le principal point d'entrée du web, et négliger le SEO classique serait une grave erreur. Les fondamentaux du référencement (un site performant, un contenu de qualité, des liens entrants de confiance) demeurent indispensables. En 2025, Google et les autres moteurs génèrent encore l'écrasante majorité du trafic de recherche.
Cependant, ignorer les nouveaux outils d'IA serait tout aussi risqué. D'abord, parce que ces agents conversationnels changent les habitudes : un utilisateur qui obtient directement la réponse via ChatGPT a moins de chances de cliquer sur votre site. Ensuite, parce que ces IA consomment le contenu web existant et citent parfois leurs sources : si votre site apparaît parmi les références affichées, vous pouvez en tirer du trafic qualifié. Demain, être bien référencé pourrait tout autant signifier être choisi par l'IA comme source fiable qu'être premier sur Google. Le SEO s'élargit.
S'adapter à l'ère de l'IA : 4 pistes pour les entrepreneurs
- Misez sur la qualité, l'expertise et l'authenticité du contenu. À l'heure où l'IA génère des textes à la chaîne, les contenus génériques bourrés de mots-clés n'ont plus aucune chance de sortir du lot. Offrez une vraie valeur ajoutée : des informations utiles, précises, avec une expertise démontrée et des exemples concrets. Google renforce continuellement ses critères E-E-A-T (Expérience, Expertise, Autorité, Fiabilité).
- Ne négligez pas les fondamentaux techniques du SEO. Assurez-vous que votre site reste rapide, bien structuré et accessible aux moteurs. Un code propre, un temps de chargement optimisé, des balises sémantiques correctes, un balisage schema.org : tout cela profite autant à Google qu'aux algorithmes d'IA qui pourraient exploiter votre contenu.
- Diversifiez vos canaux de visibilité. L'époque du tout Google est révolue. Investissez les plateformes pertinentes pour votre audience : vidéos, posts LinkedIn, podcasts, FAQ interactives. L'idée n'est pas de s'éparpiller, mais d'être présent là où votre audience pose ses questions.
- Restez agile et à l'écoute des tendances. Suivez de près les annonces de Google, OpenAI, Microsoft. Testez les nouvelles fonctionnalités pour comprendre comment elles présentent l'information. Ce qui compte vraiment, c'est où se trouve votre public cible et comment il préfère interagir avec l'information.
En conclusion, l'essor de l'IA générative pousse le SEO hors de sa zone de confort. Non, on ne code pas que pour Google en 2025, mais on ne l'oublie surtout pas pour autant. Il s'agit d'enrichir notre approche : continuer à optimiser pour les moteurs traditionnels et anticiper la manière dont les IA présentent nos contenus. Qu'il s'agisse de Google ou de ChatGPT, l'objectif reste le même : fournir aux utilisateurs la meilleure réponse, là où ils la cherchent.